La guerre bouleverse tout sur son passage. Aucune époque, aucun système n’y échappe. Les économies se retrouvent chamboulées, parfois brutalement, et ces jours-ci, la pression exercée par de nombreux pays occidentaux sur la Russie ne fait qu’intensifier ce désordre. Tandis que le rouble plonge, le Bitcoin s’offre un nouveau souffle et s’impose dans le paysage financier.
Les cryptomonnaies montrent leurs muscles
Quand une crise éclate à l’international, la monnaie nationale trinque souvent la première. L’exemple est frappant : entre le 25 février et le 7 mars, l’euro a légèrement glissé face au dollar, passant de 1,13 dollar à 1,09. Mais la dégringolade la plus spectaculaire reste celle du rouble, qui s’est effondré de près de 50 % face aux devises occidentales. Dans ce contexte, le Bitcoin n’a pas fait de la figuration : il a surfé sur la vague de l’incertitude, attirant les regards vers les actifs numériques, ces monnaies qui échappent à la mainmise des gouvernements.
Ce n’est plus un casse-tête de dénicher une nouvelle cryptomonnaie à ajouter à son portefeuille. Leur popularité ne cesse de grimper chez les investisseurs, et chaque mois voit naître de nouveaux projets. La tourmente actuelle pourrait bien continuer de booster leur croissance tant que le conflit perdure. Certes, un réajustement viendra, comme après la pandémie, mais force est de constater que les cryptomonnaies ont su démontrer une impressionnante faculté de rebond. À chaque choc, elles finissent par retrouver, voire dépasser, leur valeur initiale.
Comment la guerre stimule-t-elle le Bitcoin ?
Ce sont les zones instables, là où l’incertitude règne, qui servent souvent d’accélérateur au Bitcoin et à ses cousins numériques. Nathalie Janson, enseignante-chercheuse à la Neoma Business School, l’a souligné récemment : les transferts financiers visant à soutenir la hryvnia ukrainienne participent à l’essor du Bitcoin. Cette devise, affranchie des contrôles étatiques, offre une porte de sortie là où la monnaie locale vacille sous la pression.
Pour étayer son analyse, elle s’appuie sur des exemples concrets : l’Argentine et le Venezuela. Ces deux pays, confrontés à des crises politiques et économiques, ont connu des envolées du Bitcoin au moment où leur monnaie battait de l’aile. Loin des restrictions qui frappent les devises nationales, le Bitcoin s’érige en valeur refuge, au même titre que l’or ou le dollar américain.
Le Bitcoin à l’offensive
La chute du rouble ouvre une brèche pour le Bitcoin. Les oligarques russes, cernés par les sanctions occidentales, pourraient bien se tourner vers la cryptomonnaie en abandonnant le rouble. Cette perspective prend d’autant plus de poids depuis le blocage du système Swift en Russie. Le Bitcoin s’impose alors comme une alternative solide pour les transactions, d’autant que celles-ci se jouent directement entre deux parties, loin des regards indiscrets du système bancaire traditionnel.
Dans ce paysage bouleversé, le Bitcoin ne se contente plus d’exister : il s’impose comme un acteur incontournable, capable de s’adapter à la tempête. Face à l’incertitude, le réflexe se dessine : chercher un abri numérique. Reste à savoir si cette dynamique s’ancrera durablement ou si, comme tant de fois, le marché nous réservera une nouvelle surprise.

