Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France en 2026, et pourtant beaucoup de leurs propriétaires ignorent encore qu’elles doivent obligatoirement être assurées, au même titre qu’une voiture ou un scooter. Ni l’ancienneté de l’engin, ni une batterie en mauvais état n’y changent quoi que ce soit. Tour d’horizon des règles en vigueur et de ce qu’elles impliquent concrètement.
Une obligation légale qui ne souffre aucune exception
L’article L211-1 du Code des assurances est sans ambiguïté : toute trottinette électrique, dès lors qu’elle circule sur la voie publique, doit être couverte au minimum en responsabilité civile. Cette obligation s’applique à tous les EDPM motorisés, quelle que soit leur vitesse maximale (6, 15 ou 25 km/h). Une idée reçue fréquente consiste à croire que la multirisque habitation suffit. C’est faux : elle ne couvre pas les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur, trottinette électrique comprise. Un contrat dédié est donc indispensable.
Même réflexe erroné du côté des engins défaillants. Une trottinette dont la batterie se décharge anormalement vite reste soumise à cette obligation tant qu’elle roule. Pour comprendre l’origine de ce type de problème, un guide dédié à l’assurance trottinette électrique détaille les causes les plus courantes. Aucun défaut mécanique ne suspend l’obligation légale.
Des sanctions concrètes, et une accidentologie qui s’aggrave
Rouler sans assurance est un délit passible de 3 750 € d’amende, d’une suspension de permis et de la confiscation de l’engin. En pratique, une amende forfaitaire de 500 € est appliquée dès le premier contrôle. Le vrai risque financier survient en cas d’accident : si un tiers est blessé, le Fonds de garantie des assurances obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer les sommes versées, majorées d’intérêts et de frais. Une indemnisation à 80 000 € peut se transformer en dette durable.
Ces scénarios ne sont pas théoriques. En 2024, 45 personnes sont décédées sur une trottinette électrique en France, un chiffre plus de quatre fois supérieur à celui de 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période un an plus tôt. Les EDPM représentent désormais 20 % des blessés graves de la route.
Choisir sa formule selon la valeur de l’engin
Le marché propose trois niveaux de couverture. La formule au tiers (responsabilité civile seule) démarre autour de 5 à 8 € par mois, soit environ 60 € par an. Pour un engin de moins de 400 €, c’est souvent la plus cohérente : la garantie vol et dommages coûte parfois plus cher que la valeur de remplacement. À partir de 600 €, et a fortiori pour les modèles entre 1 200 et 2 000 €, la formule tous risques (vol, dommages, garantie conducteur) se justifie pleinement, entre 18 et 30 € mensuels.
Plusieurs critères font varier le tarif : la valeur déclarée de l’engin, la zone géographique (Paris, Lyon et Marseille entraînent une surprime vol), l’usage déclaré (la livraison professionnelle est souvent exclue des contrats standards) et la franchise choisie. Relever la franchise de 80 à 150 € permet généralement d’économiser 15 à 20 % sur la prime. Ces prix sont indicatifs et varient selon le profil et l’assureur.
Pour aller plus loin sur les questions liées aux véhicules du quotidien, le site Niklasson.net propose d’autres ressources pratiques dans sa rubrique dédiée.

