Trottinette électrique : l’assurance est obligatoire, et beaucoup l’ignorent encore

Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France, et les ventes continuent de progresser, avec entre 600 000 et 700 000 nouveaux engins mis sur le marché en 2025. Pourtant, une réalité reste méconnue d’une partie des utilisateurs : rouler sans assurance expose à des sanctions sérieuses, et les accidents sont en forte hausse.

Une obligation légale qui ne souffre aucune exception

Depuis le décret du 23 octobre 2019, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. La trottinette est classée comme EDPM, soit engin de déplacement personnel motorisé, et entre donc dans le champ de l’article L.211-1 du Code des assurances. Peu importe que l’usage soit quotidien ou occasionnel : l’obligation s’applique dans tous les cas.

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Pour comprendre ce que cela implique concrètement, les démarches à suivre et les garanties disponibles, ce guide sur l’assurance trottinette électrique donne un aperçu clair des options. Depuis le 1er avril 2024, la vignette verte et l’attestation papier ont disparu : les forces de l’ordre vérifient désormais la couverture via le Fichier des Véhicules Assurés.

Circuler sans assurance peut coûter cher : une amende allant jusqu’à 3 750 euros, la confiscation de l’engin et, en cas d’accident responsable, un recours du Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires contre le conducteur non assuré. Autant de risques évitables pour quelques euros par mois.

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Des accidents en forte progression qui changent la donne

Les chiffres de l’accidentologie sont difficiles à ignorer. En 2024, 45 personnes sont décédées sur une trottinette électrique en France. En 2025, ce chiffre est monté à 80. Sur le seul premier semestre 2025, on comptait déjà 22 morts et 416 blessés, soit des hausses respectives de 83 % et 45 % par rapport à la même période de 2024, selon des données relayées par l’Assemblée nationale.

La Sécurité Routière recense par ailleurs plus de 900 blessés graves liés aux EDPM sur les douze derniers mois. Ces chiffres rappellent que la responsabilité civile seule ne protège que les tiers : le conducteur, lui, n’est pas indemnisé pour ses propres blessures sans garantie individuelle. Il est donc utile d’envisager une protection corporelle en complément, d’autant que les formules complètes débutent généralement autour de 5 à 15 euros par mois.

Ce que couvre vraiment votre contrat (et ce qu’il ne couvre pas)

La couverture minimale, la responsabilité civile, prend en charge les dommages causés à autrui : blessures de tiers, dégâts matériels. Elle ne couvre ni l’engin lui-même ni le conducteur en cas de chute. Les garanties complémentaires disponibles sur le marché incluent le vol, les dommages tous accidents sur la trottinette et la protection juridique.

Un point souvent mal compris : l’assurance habitation ne couvre généralement pas les trottinettes motorisées. Une assurance EDPM dédiée reste donc indispensable. À noter également que les engins dépassant 25 km/h relèvent d’un régime différent, assimilé aux cyclomoteurs, avec homologation, immatriculation, permis AM et port du casque obligatoire.

La réglementation autour des deux-roues légers continue d’évoluer, notamment avec des discussions en cours à l’Assemblée nationale sur le port du casque. 

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